Aaahh… (le soupir qu’on lâche quand on pose enfin les fesses sur un canapé après une dure journée de travail ou sur LE canapé de l’appart’ dans lequel on vient juste d’emménager)
J’ai un blog. C’est cool, ça faisait longtemps que j’avais envie d’en avoir un. Un bien, un beau, tout joli comme dans mes rêves (second degré hein, faut pas croire tout ce que je dis). Avec des articles trop bien de la mort et des pages qui me ressemblent, des images trop bien de la mort aussi, etc, et puis bien entendu la possibilité de m’exprimer. Tranquillement. J’hésitais à en créer un et puis à force d’en voir, d’en lire des très bien je me suis dit “héééé, mais moi aussi j’peux faire pareil !”. Non en fait c’est pas exactement ce que j’ai dit. C’était plutôt “boarf, moi aussi si j’veux hein” vous voyez ? Avec cet air décontracté et nonchalant qui m’est si familier. Genre la dégaine d’Albert Camus + James Dean mixé version féminine. Oui voilà.

Dans exactement 17 jours, c’est une nouvelle vie qui commencera pour moi. L’airbus Air France, compagnie membre de l’alliance SkyTeam, décollera aux alentours de 22h50 de Dakar – Aéroport Léopold Sédar Senghor à destination de Paris – Aéroport Roissy Charles de Gaulle. Je me serai installée dans mon siège côté fenêtre (c’est plus joli). Les stewards aux cheveux blonds, joues trop parfumées, dents impec et à l’allure “very straight-laced” distribuerons le menu du vol, je choisirais le poisson puis je mangerai la tourte aux raisins secs en prenant bien soin de ne pas manger les raisins secs.
Je regarderai peut-être un film sur le minuscule écran tactile situé à 30 cm de mon visage, puis j’essaierai de m’endormir dans ce qui sera ma place durant 4h30 de vol. Mais ce ne sera pas ma position inconfortable qui m’en empêchera. Non, ce sera l’excitation. La hâte. Tiens, au moment où je vous écrit ça, un avion vient de décoller de Dakar. On entend encore le grondement dans le ciel. (Je rêve où je suis en train de devenir émotive ?) Comme d’habitude j’appuierai sur le bouton central de mon iPod et me passerai à peu près toutes les chansons que j’ai écouté ou découvert depuis que j’habite dans ce pays, depuis trois ans. J’essaierai de remuer les lèvres à l’abri des regards et je me ressasserai dans mon cerveau grésillant, le diaporama de tous les moments forts de ma vie ici. En me disant que, tout ça, ces trois ans de mon adolescence : c’est fini. Pour de bon.